La véritable vie d'un auteur - Retour du salon fantastique de Paris 2019

2019-11-04 04:21:49
La vritable vie d


La véritable vie d'un auteur.


Je reviens du salon du Fantastique de Paris, qui dura deux jours (et un soir). Ce fut un merveilleux salon, avec des animations fabuleuses. J'en reviens chargé de bons souvenirs. J'y ai fait nombre de belles rencontres...et le mot est faible. Sur ce point, je reviendrai plus tard.

Je tiens tout d'abord à remercier et à féliciter Monsieur Guillaume Besançon et toute l'équipe du Salon Fantastique de Paris pour leur extraordinaire organisation. Pour ma part, rien à redire, tout était au poil. Votre attention, votre bonne humeur, tout. Rien que pour cela, c'est avec plaisir que je reviendrai. Je ne sais quels imprévus vous avez eu à gérer lors du salon, mais nous exposants, n'avons rien vu passer. J'ai entendu quelques exposants râler sur les dates (il y aura toujours des râleurs invétérés), l'étrangeté de ne pas faire le dimanche, mais je suis sûr que si cela n'a pas pu se faire, c'est qu'il y avait une bonne raison! Seul « bémol »: il manquait un vrai stand nourriture avec cochonnaille et sacrifices porcins embrochés dans des griffes de dragon. J'ai soumis l'idée à un bénévole pour l'année prochaine. D'ailleurs, l'année prochaine, j'ai dit que je ramenai du saucisson pour le pendouiller à mon stand. Douces effluves en vue.

Quant à vous, chers lecteurs, Je tiens à garder une entière honnêteté avec vous. Je n'aime pas cacher les choses et montrer une façade « kawai méga kikou lol ». Non, personnellement, quand j'en bave, j'aime bien le faire savoir, d'autant plus quand je finis par m'en sortir. Car c'est après une chute que l'on reconnait les braves. Je vais donc vous narrer de manière véritable ces deux jours au salon, sans édulcorer, pour que vous puissiez connaître la vie véritable d'un auteur, avec ses hauts et ses bas.

Commençons avec plein de bonheur : j'y suis allé avec ma fille adorée et préférée (normal, c'est la seule...peut-être plus pour très longtemps). Habillée en princesse (avec baskets, je précise), ma vaillante petite Emma de 10 ans m'aida sans rechigner et avec le plus grand des plaisirs à décharger. Tandis que je m'occupais des cartons de livres bien lourds, elle me transportait mes fragiles maquettes, et évidemment sa minutie fit qu'aucune ne fût abîmée. Nous sommes arrivés bien tôt le jeudi, et après une installation rapide, nous patientâmes jusqu'à l'ouverture à 17h, mangeant, échangeant avec auteurs (surtout moi) et gambadant çà et là (surtout elle). Je remercie aussi ma soeur Marie pour nous avoir hébergé et nourri avec tant d'attention. C'est vrai que cela a été éprouvant pour toi de devoir t'occuper de ta nièce chérie (et de faire les magasins entre filles). Merci surtout pour ta vraie bolognaise au vin rouge, j'en ai encore le goût dans la bouche. Miam.

3,2,1, partez ! Jeudi à 17h ouverture des portes et...un peu de monde, mais en définitive, peu de chose à dire sur ce premier soir. Les gens vinrent pour jeter un oeil et je ne crois pas que quiconque ai vendu quoi que ce soit (mis à part de la nourriture, peut-être).

Vint ensuite le vendredi (jour du poisson ?) Ce premier jour connut des temps forts compliqués, car il se trouvait bien des auteurs de talents. Je l'admets, il a été très difficile, rude et éprouvant psychologiquement. Les auteurs d'expérience se reconnaîtront là-dedans, il y a parfois des jours avec et des jours sans. Ce jour-là, ce fut un jour sans. Il en fut d'ailleurs de même pour bien d'autres auteurs. C'est ce genre de rude journée, où doutes et remises en question s'installent. Les gens passent, sans trop nous voir. Le peu à qui l'on arrive à parler ne semblent pas forcément enclins à nous écouter, ou ne sont tout simplement pas envoûtes. Malgré la bonne humeur et l'enthousiasme, on a l'impression d'être invisible. On en vient inéluctablement à se demander ce qu'on a fait de mal pour mériter un tel rejet. Est-on si mauvais ? Mes maquettes plaisaient, au moins sur ce point, elles ont fait l'unanimité. C'était une satisfaction, mais devant elles, il y avait mes 1200 heures de travail : mon livre, invisible. Non mesdames et messieurs, je suis d'abord auteur avant d'être maquettiste (quoiqu'en durée d'expérience...).

Mais en vérité, de tout ce doute, de tout ce « rejet », il n'en est rien. Tout a beau être fait comme il se doit, il y a inévitablement une immense part d'aléa dans ce genre d'événement. Les raisons ? Notre lectorat n'était peut-être pas là ce premier jour, les gens s'intéressaient moins aux livres qu'à toutes les superbes animations proposées, évidement trop de « concurrence », allez savoir. Parfois, il ne faut pas chercher. Il faut juste être patient. Voici la véritable vie d'un auteur, des hauts, des bas. Ce sont ces bas qui rendent les hauts encore plus délectables. C'est dans la douleur que l'on reconnait les braves. J'ai parlé avec d'autres auteurs, beaucoup étaient dans ce cas, ce qui nous réconforta. D'autres avaient la chance de réussir. Certains s'en vantaient d'ailleurs un peu trop, je n'ai pas trop apprécié, car sachez que l'arrogance précède toujours la chute. Je ne citerai nul nom, mais j'ai en tête un certain auteur de SF, bien trop grande gueule à mon goût, qui ferait bien d'apprendre l'humilité plutôt que la fatuité. La journée du vendredi s'acheva. Je vous le dis, je n'ai vendu qu'un seul et unique livre ce jour. Je remercie sincèrement d'ailleurs Nyria Mortem et Camélia Seckmet d'avoir été mes lumières d'espoir de cette journée.

La nuit précédente avait été très courte (mon cerveau n'étant pas foutu de se calmer la nuit). J'étais épuisé. Le soir, j'ai failli m'endormir à table. Désolé Marie. La nuit suivante a été moins douloureuse. Cette fois j'ai dit à ma tête « Ferme-la, on verra demain matin ». J'ai pu dormir (à peu près).

Le lendemain, j'étais revigoré. Par Hork, cela n'allait pas se passer de la sorte ! J'ai ressassé, analysé...pourquoi ? comment faire ? que changer pour que cela marche ? Même si je savais qu'au final, tout n'était dû qu'à de simples aléas, je devais faire quelque chose.

Après toute pluie vient le soleil, et le deuxième jour fut plus radieux. J'ai eu le plaisir d'échanger avec Chriss Barsi et Sophie Turco, deux autrices fort sympathiques qui avaient subi les mêmes déboires que moi la veille. J'ai eu l'honneur de leur remonter le moral. Dans toute chose, si mauvaise qu'elle soit, il y a toujours quelque chose de bon à en tirer. En général, dans les salons, ce sont les rencontres. Toujours pousser encore et encore, opiniâtreté et persévérance. On ne lâche rien. Ceux d'entre vous qui ont travaillé avec moi imagineront fort bien mon état d'esprit à ce moment-là. Donc, tout contents de repartir avec du coeur à l'ouvrage, nous attaquâmes le deuxième jour.

Ce que j'avais décidé de changer ? Mon discours ! Je l'ai gonflé, car je me rendais compte que je ne parlais pas assez de mon univers, qui est, je peux le prétendre, le crier haut et fort, très très riche. Ce bougre, je ne le mettais pas assez en avant. Comme certains le trouvaient trop décrit, trop lourd, etc., je n'osais en parler alors que...c'est ce qui fait toute la force de mon livre et le rend unique en son genre. Peuples, royaumes, culture, philosophie, mythologie, littérature, je parle de tout...j'y ai même mis des musiques et inventé une langue. J'ai des personnages haut en couleurs, nombreux, attachants, je narre des contes et élabore des intrigues à tour de bras. Bougre de bigre, quel imbécile d'abruti j'ai été jusque-là de ne jamais avoir mis plus en avant mon imagination ! Je la trouvais tellement banale alors que d'autres se vendaient pour cent fois moins que cela...

Et cela fonctionna, et envoûtements s'opérèrent, notamment lorsque je montrais la petite partition d'Olkan (le petit plaisir fut de la faire jouer par un harpiste passant par-là) et la langue Kulhgordiane (vous verrez cela le 29 novembre, patience). Je fus touché que les gens qui tournaient la journée, passant de stand en stand, reviennent pour mon ouvrage qu'ils avaient choisi au milieu de tous les autres. La journée ne rattrapa en rien celle de la veille, mais elle fut correcte, voire tout à fait honorable. J'ai eu la chance que cela fonctionne. Oui, la chance, que d'autres n'ont pas eue, restant malheureusement bredouilles. Sincèrement désolé pour eux, et je ne leur dirai qu'une seule chose : avancez, continuez !

Mon stand. Grâce à lui, on m'a aussi fait comprendre que j'avais toute légitimité à enseigner et à écrire sur mon savoir-faire, que je considère toujours aussi dérisoire, mais qu'importe. Comparé à d'autres qui parlent beaucoup alors qu'ils ne sont que coquilles vides, j'ai compris que j'en avais le droit. Sur ce point, préparez-vous donc à voir d'autres types d'écrits de ma part. Je ne sais pas encore comment, mais j'y pense. Autre point tout à fait cocasse : à la vue de mes maquettes, une association m'a demandé de lui en faire. Affaire à suivre.

Durant ce week-end, j'ai aussi et surtout fait de superbes rencontres. J'ai notamment recroisé mes consoeurs autrices Audrey Marin-Pache et Elysäbeth Einstein Ares. La rencontre la plus inattendue fut celle d'une talentueuse autrice arménienne Pathilia Yervantian. Elle écrit surtout des romans jeunesse, je vous conseille d'aller jeter un oeil sur ce qu'elle fait. Je sais, vous allez dire que je suis chauvin, et bien oui ! Nous échangeâmes longuement et je lui parlais d'une idée de projet qu'elle accueillit avec le plus grand enthousiasme, se proposant même de m'aider. Projet que vous verrez bientôt naître. Je vous annonce qu'il va me porter à coeur et que ce seront peut-être les écrits les plus éprouvants que je n'aurai jamais à faire. Arménien, éprouvant ? Je vous laisse deviner sur quoi ils porteront...

Voilà, s'est achevé ainsi ce salon du fantastique. J'y suis allé, et même si tout n'a pas été pour le mieux, par Hork, j'y retourne l'année prochaine ! Il se tiendra fin août, au Parc Floral.

Ce post vous apparaîtra en fin de matinée, mais sachez qu'à l'heure où je l'écris, il est 4h30 du matin. Certains d‘entre vous me diraient que je tire trop sur la corde, et que je vais probablement finir comme un Hulsin, mais par Hork, qu'est-ce que c'est épique !

Bien à vous. Votre aimable guerrier narrateur.